Dix mois sous l’uniforme, sur la base du volontariat. Un mois après les premières incorporations, le service national français prend forme. Que dit ce retour de notre époque, et de l’avenir auquel nous préparons la jeunesse ?
Un engagement volontaire, pas le retour de la conscription
Le 13 octobre 2026, lors d’un point presse à Balard, le ministère des Armées est revenu sur les premiers pas des jeunes appelés du nouveau service national. Le dispositif, exclusivement militaire, s’adresse aux Françaises et Français de 18 à 25 ans. Il est volontaire et sélectif : tous les candidats ne sont pas automatiquement retenus.
La première promotion doit compter environ 3 000 volontaires en 2026. L’objectif annoncé passe à 4 000 en 2027, puis 10 000 en 2030. Leur engagement dure dix mois : un mois de formation militaire initiale, avec notamment instruction au tir, orientation, premiers secours et vie collective, suivi de neuf mois de mission dans une unité, en métropole ou outre-mer. Aucune opération extérieure n’est prévue.
La solde débute à 800 euros brut par mois, avec alimentation et hébergement pris en charge, ainsi qu’une réduction de 75 % sur les trajets ferroviaires nationaux. Au-delà du maniement des armes, les missions peuvent concerner la logistique, la maintenance, la communication ou la cyberdéfense.
Apprendre à vivre ou à survivre ?
En 2014, dans Les Combattants, Thomas Cailley suivait Madeleine, une jeune femme convaincue qu’il fallait se préparer à la fin du monde. Elle participait à un stage militaire pour apprendre à survivre. Derrière l’histoire d’amour, le film posait une question devenue familière : comment grandir lorsque l’avenir semble menaçant ?
Douze ans plus tard, les conflits s’invitent quotidiennement sur nos écrans. Les drones, la cyberdéfense et les images produites ou manipulées par l’intelligence artificielle redessinent notre rapport à la guerre, mais aussi à sa représentation.
Apprendre à se protéger a un sens. Apprendre à reconnaître les images qui orientent notre perception du monde en a un autre. Former une génération à l’avenir, c’est aussi nourrir son esprit critique, sa culture et sa liberté de jugement.
Le service national promet discipline, expérience et solidarité. Il faudra surtout écouter les jeunes qui le vivent, suivre leurs missions et mesurer ce qu’il leur aura réellement apporté, au-delà des images et des discours officiels.
Photo d’illustration : soldats du 35e régiment d’infanterie lors d’un exercice en 2020, sans lien avec les incorporations de 2026. Photo © MSoult / Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 4.0.
Pour aller plus loin : service national, modalités officielles (Service public) ; première promotion du service national (ministère des Armées) ; Les Combattants, dossier du CNC.