Salon de Montrouge 2026 : quand la jeune création prend l’air

Il y a des expositions où l’on vient “voir des œuvres” et puis il y a celles où l’on vient respirer quelque chose.

Le Salon de Montrouge fait partie de cette seconde catégorie. Pour sa 69ᵉ édition, il revient au Beffroi de Montrouge du 13 février au 1er mars 2026, avec une sélection de 40 artistes émergents et une diversité de médiums qui donne au parcours une vraie sensation de circulation, de surprise, et parfois même de trouble. Peinture, sculpture, installation, vidéo, performance, création sonore : l’ensemble ne cherche pas à cocher des cases. Il cherche à ouvrir des portes.

Photo par Guillaume Lamaison

Dans un paysage culturel où l’accès à l’art contemporain se négocie souvent à coup de tarifs, de codes, ou de seuils symboliques, Montrouge maintient une ligne rare : entrée libre.

Le Salon est ouvert tous les jours de 12h à 19h, et jusqu’à 21h le samedi.

Ce choix transforme l’événement en lieu public, au sens noble du terme. Un endroit où l’on peut entrer sans justification, flâner, revenir, se laisser happer, discuter.

Ce qui distingue aussi le Salon de Montrouge, c’est sa manière d’assumer sa mission : révéler des artistes, oui, mais surtout les accompagner concrètement.

Photo par Guillaume Louyot / Onickz Artworks

Le comité curatorial a sélectionné 40 artistes issus de 15 pays parmi plus de 2 000 candidatures, et l’accompagnement ne s’arrête pas au montage de l’exposition : suivi, mise en relation, rencontres professionnelles, lectures de portfolios, conférences…

Un point important (et trop rare pour ne pas être souligné) : le Salon indique que le soutien du ministère de la Culture permet une rémunération de 1 000 € par artiste, ce qui replace enfin la question du travail artistique là où elle doit être : dans le réel.

Cette année, un des grands plaisirs du Salon vient du rapport à l’espace.

Certaines installations donnent l’impression de traverser une salle comme on traverserait une scène.
Il y a une attention à l’ambiance : la lumière, les volumes, les matières, et surtout une présence sonore qui n’est pas décorative. Elle installe un climat.

On ne “regarde” pas seulement. On est dedans.

Et c’est exactement ce que doit réussir une exposition de création émergente : nous faire sentir que l’art n’est pas une vitrine, mais une expérience.

Coup de cœur : Brice Robert, ou l’art d’arracher le quotidien à sa monotonie

Parmi les artistes présentés, un nom s’impose avec une évidence presque brutale : Brice Robert.

Son travail est l’exemple parfait d’une chose rare : une peinture figurative qui n’est ni nostalgique, ni citationnelle, ni décorative.

Photo par Guillaume Louyot / Onickz Artworks

Il peint des fragments de vie ordinaire : bâtiments, usines, lotissements, collègues, classe moyenne. Il revendique une forme de proximité avec ce qu’il représente. Il y a quelque chose d’ouvrier et d’esthète à la fois, une minutie assumée, et une manière de rendre hommage à une tradition picturale qu’on croyait dépassée.

Et pourtant, ce n’est pas une peinture “du réel”. C’est une peinture qui extirpe le réel de sa routine.

Des instants monotones, presque invisibles, deviennent soudain des images dignes d’être regardées longtemps.
Le quotidien n’est plus un décor : il devient une matière artistique, une tension, une poésie.

Ce genre de geste, quand il est tenu avec une telle précision, a quelque chose de profondément politique sans avoir besoin d’en faire des tonnes.

Photo par Guillaume Lamaison

Le Salon ne s’arrête pas aux œuvres accrochées. Des performances sont programmées (notamment le 28 février) : performance sonore, danse, lecture, musique… et même une déambulation.

Et au-delà du Beffroi, le Salon se prolonge avec des projets hors-les-murs et des œuvres dans la ville.

On sent une volonté claire : faire du Salon une plateforme, pas un événement ponctuel.

Photo par Guillaume Louyot / Onickz Artworks

Enfin, cette édition marque aussi une étape importante dans l’accompagnement : le Salon formalise et renforce sa collaboration avec Carré sur Seine, dispositif reconnu pour ses rencontres entre artistes et professionnels du secteur.

Photo par Guillaume Louyot / Onickz Artworks

Le principe est simple et très concret : offrir aux artistes sélectionnés une journée de rencontres, de retours, de structuration (discours, médiation, stratégie, visibilité, circulation des œuvres, mise en réseau).

Un salon d’art contemporain n’est pas seulement un lieu où l’on montre, un lieu où l’on aide à construire une trajectoire.


Infos pratiques

Salon de Montrouge – 69ᵉ édition
📍 Beffroi de Montrouge – Place Émile Cresp, 92120 Montrouge
🗓️ Du 13 février au 1er mars 2026
🕛 Tous les jours 12h–19h (samedi jusqu’à 21h)
🎟️ Entrée libre
🚇 Métro : Mairie de Montrouge (ligne 4)

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