Il y a des documentaires qui montrent le monde. Et puis il y a ceux qui tentent d’en éprouver la respiration. Pole to Pole avec Will Smith appartient clairement à la seconde catégorie. Disponible en avant-première et en intégralité sur Disney+ dès le 14 janvier, avant une diffusion sur National Geographic à partir du 19 janvier, cette série documentaire en sept épisodes s’impose comme une traversée ambitieuse, physique et intérieure, à l’échelle de la planète.
Produite par Westbrook Studios, Nutopia et Protozoa, la série est le fruit de cinq années de préparation et de 100 jours d’expéditions extrêmes. Du pôle Sud au pôle Nord, en passant par l’Amazonie, l’Himalaya, le Pacifique ou le désert du Kalahari, Will Smith se confronte aux environnements les plus hostiles de la Terre, accompagné de scientifiques, d’explorateurs et de communautés locales.
Loin du simple carnet de voyage spectaculaire, Pole to Pole articule son récit autour de la science et de l’humain. Chaque étape devient un laboratoire à ciel ouvert. Extraire des carottes de glace en Antarctique, récolter le venin d’une mygale géante en Amazonie, prélever une écaille d’anaconda pour comprendre la santé d’un écosystème, plonger sous la glace du pôle Nord pour collecter des échantillons inédits.
Mais la série se distingue surtout par ce qu’elle ose montrer de la fragilité de son narrateur. Will Smith ne joue pas au héros. Il doute, il a peur, il se fatigue, il apprend. Inspiré par un mentor aujourd’hui disparu, il s’autorise une exploration qui dépasse largement le cadre géographique. Ici, l’endurance physique dialogue constamment avec l’introspection.

National Geographic déploie une fois encore une maîtrise visuelle impressionnante. Les paysages sont filmés avec une rigueur presque contemplative, jamais gratuite. La photographie épouse les reliefs, les températures, les silences. On pense parfois à une écriture documentaire proche du cinéma de territoire, où la nature n’est pas décorative mais active, parfois hostile, souvent bouleversante.
La présence de Darren Aronofsky parmi les producteurs exécutifs n’est pas anodine. Sans jamais basculer dans l’emphase, la série cultive une tension permanente entre l’infiniment grand et l’intime, entre le spectaculaire et l’essentiel.
Chaque épisode fonctionne comme un chapitre autonome, mais s’inscrit dans une trajectoire globale cohérente.
Le pôle Sud ouvre la série dans un décor de glace et de solitude absolue, où Will affronte le froid extrême et ses propres limites.
L’Amazonie se décline en deux volets, entre créatures mortelles et eaux sombres, mêlant science, peur archaïque et respect des peuples autochtones, notamment la communauté waorani.
L’Himalaya devient un moment suspendu, presque spirituel, au Bhoutan, autour de la quête du bonheur et du dépassement intérieur.
Les îles du Pacifique interrogent la disparition, celle des langues comme celle des territoires, menacés par la montée des eaux.
Le désert du Kalahari confronte Will à l’ingéniosité et à la résilience du peuple San, dans un environnement où la survie est un art ancien.
Enfin, le pôle Nord clôt cette odyssée par une mission scientifique sous haute tension, où le danger rappelle que l’héroïsme réel est souvent collectif.


Pole to Pole avec Will Smith pose des questions, parfois inconfortables, sur notre rapport à la planète, au progrès, à la transmission des savoirs. Elle rappelle que la science a besoin d’humilité, et que l’exploration n’a de sens que si elle s’accompagne d’écoute.
À travers cette série, Will Smith semble chercher moins à conquérir qu’à comprendre. Et c’est précisément là que le projet trouve sa force. Une aventure globale, certes, mais surtout un récit profondément humain, où chaque pas sur la glace, dans la jungle ou le désert devient une manière de réapprendre à habiter le monde.
Pole to Pole avec Will Smith est disponible dès le 14 janvier sur Disney+, puis diffusée sur National Geographic à partir du 19 janvier.
